LE SUCRE ET L’EURO
Analyse datée 11 octobre 2 005
L’euro contre dollar
On ne donnait pas cher de la peau de l’euro en octobre 2000 lorsqu’il fallait, au plus bas, 0.8228 dollar pour acheter un euro. Or, l’étude du graphique de l’euro montrait la fin d’un processus de baisse de cinq ans, composé de cinq vagues de baisse (trois de baisse, entrecoupée de deux vagues de hausse). On pouvait donc conclure, et ce qu’on a fait en temps réel, que la baisse de l’euro avait pris fin, temporairement, et qu’un rallye d’au moins deux ou trois années allait faire remonter l’euro. Jusqu’où ? Impossible à dire avec certitude sauf qu’il ne devait pas dépasser 1.4375 !
De même, en décembre 2 005, tout le monde avait compris que le dollar était condamné par la profondeur abyssale des « déficits-jumeaux », celui du budget et celui du commerce extérieur. Le dollar était condamné. Las ! C’est le moment précis qu’il choisissait pour reprendre de la hauteur et il n’a pas cessé de monter depuis en dépit de tous les éléments défavorables qui auraient pu l’affecter. Un autre exemple ? Le pétrole est considéré comme freinant la croissance, ce qui est vrai. Mais alors comment expliquer que les bourses montent depuis deux ans, avec le pétrole ?
A la vérité, pour ceux d’entre vous qui regardez les fondamentaux, il était de plus en plus difficile de comprendre pourquoi l’euro, agrégat artificiel de monnaies dont les économies qui le composent étaient quasi toutes, et en tout cas les plus importantes d’entre elles, Allemagne France, Italie et Espagne, en état de chômage avancé, avec des déficits budgétaires et un endettement colossal, pourquoi l’euro donc, pouvait-il se prévaloir d’une quelconque force intrinsèque ?
Comme prévu dès l’an 2000, cette hausse de l’euro ne devait être qu’une correction et le cours baissier devait reprendre pour, in fine, produire un niveau inférieur à celui d’octobre 2000. L’euro est donc entré dans une phase de baisse de long terme pour les années qui viennent comme on peut le voir sur la charte mensuelle ci-dessous.
En traits vert fluo figure le chemin envisagé pour l’euro au cours des prochaines semaines. De même que la baisse entre 1 995 et 2 000 a donné lieu à des rebonds de contre tendance parfois importants, de même que la correction 2 000/2 004 a, elle aussi, connu des rechutes sensibles, de même on peut prévoir que la baisse de l’euro donnera lieu à des reprises significatives.
Il était possible de prévoir en octobre 2 000 la fin de la baisse et que la hausse serait corrective, ce qu’elle a été. Mais il n’était pas possible de prévoir où l’euro allait stopper sauf quelques semaines avant, l’objectif de 1.3658 (+ 66.66%) étant devenu l’objectif le plus plausible. Le marché devait s’arrêter à 1.3666 !
Il est maintenant quasiment « programmé » que l’euro baisse pendant quelques années pour marquer un nouveau bas et traiter en dessous de son point de départ d’octobre 2 000 soit, 0.8228.
Ce scénario sera invalidé si les prix remontaient au-dessus de 1.2733 (le bas de la vague 1).
En conclusion, le recours à l’analyse technique qui permet d éviter de se retrouver, avec la foule, baissier dollar au moment où il va se retourner à la hausse, est d’une aide précieuse dans l’appréciation des tendances. Mais l’expérience apprend qu’il existe aussi des périodes, parfois assez longues, pendant lesquelles les marchés n’ont pas vraiment de tendance, ce sont les phases correctives. Dans ce cas, l’analyse technique procure un avantage, celui de nous alerter que la prévision va être très difficile et qu’il n’est pas temps de prendre trop de positions tranchées.
C’est précisément le cas du sucre.
Le sucre
Le sucre a connu des fluctuations violentes. 75% de baisse pour aller à 436 en mai 1999, puis des prix multipliés par 2,6 pour 1140 en octobre 2 000. Mais ce qui est important au regard de la théorie psychologique des marchés (Elliott), c’est que tous ces mouvements se font en trois vagues ABC. Il s’agit donc d’une situation d’indécision globale sur le long terme, bien que les mouvements de fin de parcours soient souvent violents, tel celui de hausse qui est en train de se dérouler.
En effet, depuis 527, la hausse se trouve dans une phase d’accélération, caractéristique des fins de mouvement. Il ne faut donc pas attacher trop d’importance à des discours éventuellement alarmistes, habituels dans de telles circonstances, quel que soit le marché concerné. Il suffit de regarder en arrière pour se rendre compte que tous les « pics » précédents figurant sur le graphique ont été suivis par des chutes souvent très fortes et parfois vertigineuses. Nous pensons que le marché aura du mal à franchir la résistance très solide qui se trouve dans la zone 1200/1250.
Nous croyons que le scénario en cours peut finir par se révéler ultra-baissier au point d’obtenir un nouveau plus bas, mais il existe un autre scénario possible selon lequel le marché finirait par se calmer en une sinusoïde amortie sans faire de plus bas.
Quel que soit le scénario qu’adoptera finalement le marché, il semble presque indispensable qu’il rechute sensiblement après qu’il aura mis fin à cette hausse compulsive. Habituellement, les prix reviennent au niveau de la vague « 4 », point de départ de la dernière hausse, ici, vers la zone des 800 ! C’est dans cette zone que nous attendrons le marché, lors du prochain mouvement important.
En conclusion, le sucre devrait poursuivre sur sa lancée, mais l’essentiel de la hausse est déjà réalisé et un renversement de marché est à prévoir. Nous tenterons alors de discerner quel scénario sera le plus probable, soit une chute directe vers de nouveaux plus bas soit cet arrêt sinusoïdal amorti évoqué plus haut, suivi par une forte reprise des cours. N’oublions pas que le sucre ne s’est pas vraiment remis de sa chute de 1973/1974 qui, partant de sommets historiques l’avait envoyé au tapis. Depuis lors, le sucre se trouve en position de faiblesse et corrige la hausse exceptionnelle qu’il avait connue. Cette correction n’est peut-être pas terminée.
Le scénario baissier sera invalidé au-delà de 1628.
La prochaine analyse sera consacrée à des horizons de temps plus rapprochés, hebdomadaire ou quotidien, avec des seuils d’invalidation plus proches du marché.
NB Je réalise trois analyses quotidiennes sur l’euro contre dollar sur mon site et une analyse hebdomadaire du sucre à la demande.
Olivier de Ducla